Vous avez l’impression de résoudre toujours les mêmes problèmes ? Vos solutions fonctionnent un temps, puis le dysfonctionnement revient sous une autre forme ?
Si c’est le cas, vous traitez probablement les symptômes sans jamais toucher aux causes profondes. Et tant que la cause reste, le problème continuera de réapparaître, peu importe le nombre d’actions correctrices que vous mettrez en place.
Dans cet article, vous allez découvrir ce qu’est réellement la résolution de problèmes, les meilleures méthodes pour traiter les résoudre et les étapes concrètes pour mettre en place des solutions qui durent.
Qu’est-ce que la résolution de problèmes ?
La résolution de problèmes désigne l’ensemble des méthodes qui permettent de passer d’une situation insatisfaisante à une situation maîtrisée. Elle consiste à comprendre précisément ce qui pose problème, à en identifier les causes, puis à mettre en place des actions adaptées pour corriger la situation.
Les meilleures méthodes de résolution de problème
DMAIC

La méthode DMAIC repose sur 5 étapes qui permettent de traiter des problèmes complexes en s’appuyant sur des données factuelles plutôt que sur des intuitions.
- Définir : vous clarifiez le problème à résoudre, ses objectifs, son périmètre et les résultats attendus.
- Mesurer : vous collectez des données fiables afin d’évaluer la situation actuelle et de mesurer l’ampleur réelle du problème.
- Analyser : vous examinez les données pour identifier les causes profondes du problème et comprendre pourquoi il se produit.
- Innover : vous concevez et mettez en œuvre des solutions ciblées pour éliminer les causes identifiées et améliorer la situation.
- Contrôler : vous suivez les résultats dans le temps pour vous assurer que les améliorations sont durables et que le problème ne réapparaît pas.
DMAIC permet de traiter des problèmes complexes en s’appuyant sur des données factuelles plutôt que sur des intuitions.
Méthode des 5 pourquoi
La méthode des 5 pourquoi consiste à poser successivement la question « Pourquoi ? » pour remonter jusqu’à la cause racine d’un problème. Elle permet d’éviter les explications superficielles et de traiter le problème à sa source plutôt que d’en corriger uniquement les effets.
Par exemple, un projet prend du retard.
- Pourquoi ? Parce que certaines tâches ne sont pas terminées à temps.
- Pourquoi ? Parce que les priorités ne sont pas claires.
- Pourquoi ? Parce qu’il n’existe pas de planification formalisée.
- Pourquoi ? Parce que le processus de gestion de projet n’est pas défini.
- Pourquoi ? Parce qu’aucune méthode n’a été mise en place pour structurer le travail.
En remontant ainsi la chaîne des causes, la méthode des 5 pourquoi permet d’identifier la cause première et d’apporter une solution durable plutôt qu’un correctif temporaire.
PDCA

La méthode PDCA, aussi connue sous le nom de roue de Deming, repose sur un cycle d’amélioration continue en 4 étapes :
- Planifier : vous identifiez le problème, définissez les objectifs et préparez un plan d’action pour tester une solution.
- Déployer : vous mettez en œuvre la solution de manière contrôlée, souvent à petite échelle pour limiter les risques.
- Vérifier : vous mesurez les résultats obtenus et comparez la situation après action avec la situation initiale.
- Ajuster : vous corrigez, améliorez ou standardisez la solution en fonction des résultats observés, puis relancez le cycle si nécessaire.
Cette méthode permet d’avancer par itérations successives, en améliorant progressivement les résultats plutôt qu’en cherchant une solution parfaite dès le départ.
Diagramme d’Ishikawa
Le diagramme d’Ishikawa, aussi appelé diagramme causes-effets, permet d’analyser un problème en identifiant et en organisant l’ensemble des causes possibles.
Il se présente sous la forme d’une arête de poisson. À l’extrémité droite figure le problème à résoudre, clairement formulé. Des branches principales partent ensuite de l’axe central et représentent les grandes catégories de causes, souvent regroupées selon les 5M : Main-d’œuvre, Méthodes, Matériel, Milieu et Matière.
Sur chacune de ces branches, les causes potentielles sont détaillées et précisées. Cette représentation visuelle permet d’explorer le problème de manière exhaustive, de mettre en lumière des liens entre certaines causes et d’identifier celles qui méritent une analyse plus approfondie.
Framestorming

Le framestorming consiste à reformuler un problème sous plusieurs angles avant même de chercher des solutions. En changeant le cadre de réflexion, cette méthode permet de sortir des schémas habituels, de faire émerger des idées nouvelles et d’éviter les blocages liés à une vision trop étroite du problème.
Par exemple, une équipe se plaint d’un manque de temps pour avancer sur ses projets. Plutôt que de chercher immédiatement des solutions pour « travailler plus vite », le framestorming invite à reformuler le problème :
- Et si le vrai problème n’était pas le manque de temps, mais la multiplication des interruptions ?
- Et si ce n’était pas un problème de charge de travail, mais de priorités mal définies ?
- Et si le problème venait de décisions prises trop tard ?
Ces changements de perspective ouvrent de nouvelles pistes d’action, souvent plus pertinentes que les solutions initialement envisagées, et permettent d’attaquer le problème sous un angle réellement efficace.
Quelles étapes pour résoudre des problèmes ?
Identifier le problème spécifique
Identifier le problème spécifique implique de décrire la situation de manière factuelle, observable et mesurable. Il ne s’agit pas d’exprimer un ressenti ou une interprétation, mais de formuler un écart concret entre ce qui est attendu et ce qui se produit réellement.
Par exemple, dire « l’équipe manque de motivation » est une interprétation. Dire « les délais ne sont pas respectés sur 40 % des projets » est un fait exploitable.
Cette étape permet de cadrer le sujet et d’éviter de traiter des symptômes plutôt que la cause réelle du problème.
Utiliser la méthode QQOQCCP
Une fois le problème identifié, la méthode QQOQCCP permet d’enrichir l’analyse et d’éviter les zones floues. Elle consiste à examiner la situation sous plusieurs angles en répondant aux questions : Qui, Quoi, Où, Quand, Comment, Combien et Pourquoi.
Cette méthode aide à comprendre :
- qui est concerné par le problème
- ce qui se produit exactement
- dans quelles circonstances et à quel moment
- comment le problème se manifeste concrètement
- quelle est son ampleur
- et pourquoi il mérite d’être traité
En structurant l’analyse, QQOQCCP permet de passer d’un problème perçu à un problème clairement défini, prêt à être traité de manière méthodique.
Chercher des solutions

Une fois le problème clairement défini, il est temps de chercher des solutions. À cette étape, l’objectif n’est pas de décider immédiatement quoi faire, mais d’ouvrir volontairement le champ des possibles. C’est ici qu’intervient le brainstorming.
Le brainstorming est une méthode de réflexion collective ou individuelle qui consiste à produire un maximum d’idées en un temps donné, sans jugement ni censure. Toutes les propositions sont accueillies, même celles qui semblent irréalistes ou imparfaites, l’objectif étant de stimuler la créativité et de sortir des solutions évidentes ou déjà utilisées.
Mettre en oeuvre la meilleure solution
Une fois les options passées en revue, l’enjeu n’est plus de réfléchir, mais de décider. Il s’agit de retenir la solution la plus pertinente au regard de critères simples : sa faisabilité réelle, l’impact attendu, les ressources disponibles, les risques associés et les délais acceptables.
Mais une décision, aussi bonne soit-elle, ne suffit pas. Pour produire des résultats, elle doit être traduite en un plan d’action clair et opérationnel. Concrètement, cela signifie définir précisément quoi faire, qui s’en charge, dans quel délai et selon quels indicateurs vous saurez que l’action a porté ses fruits.
Sans ce travail de formalisation, la solution reste une intention. Avec un plan d’action structuré, elle devient exécutable, mesurable et pilotable dans le temps.
Faire le suivi
La résolution de problèmes ne s’arrête pas à la mise en œuvre. Il est indispensable de suivre les résultats obtenus et de vérifier si la solution produit les effets attendus.
Le suivi permet d’identifier rapidement les écarts, de corriger ce qui ne fonctionne pas et d’ajuster la solution si nécessaire. Cette logique de vérification et d’ajustement s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue, notamment portée par des méthodes comme le PDCA.
Observer, mesurer et ajuster garantit que le problème est réellement résolu et qu’il ne réapparaîtra pas sous une autre forme.
Conclusion
Un problème mal résolu est un problème qui reviendra. Et tant qu’il revient, vous perdez du temps, de l’énergie et des ressources à corriger des effets sans jamais supprimer la cause.
La bonne nouvelle, c’est qu’une fois que vous adoptez une méthode structurée pour analyser, décider et suivre, les problèmes se règlent plus vite, durablement, et vos équipes arrêtent de tourner en rond.
Pour cela, il vous suffit de :
- Identifier le problème de manière factuelle et mesurable, sans confusion entre symptômes et causes
- Enrichir l’analyse avec la méthode QQOQCCP pour comprendre qui est concerné, ce qui se produit exactement et pourquoi
- Chercher des solutions en ouvrant le champ des possibles, sans censure ni jugement prématuré
- Mettre en œuvre la meilleure solution avec un plan d’action clair qui précise quoi faire, qui s’en charge et dans quels délais
- Suivre les résultats pour vérifier que la solution produit les effets attendus et ajuster si nécessaire
Vous constaterez qu’il n’est pas nécessaire de multiplier les actions pour résoudre un problème. Il suffit juste de traiter la bonne cause pour retrouver un fonctionnement fluide et durable.

Auteur – Simon Cavé
Simon Cavé est le fondateur d’Everlaab. Depuis 2017, il aide les chefs d’entreprise débordés à structurer leur organisation pour sortir du chaos opérationnel.
À ce jour, il a accompagné des centaines de dirigeants dans la mise en place de systèmes pour libérer du temps. Ses contenus sont consultés chaque mois par des dizaines de milliers de dirigeants.
Auteur de plus de 450 articles, il a également conçu le plus grand catalogue de formations francophones consacré à l’organisation et à la gestion du temps.
Contenu inclus dans le dossier : Résolution de problèmes